Trésorerie en action
- Trésorerie : chez 56% des PME, des investissements ont été reportés, soulignant l’importance de la CAF pour préserver la liquidité et réduire le risque de défaut.
- Calcul : neutraliser amortissements, provisions et cessions pour obtenir une CAF fiable, utilisable en dossier bancaire et faciliter les négociations.
- Usage : présenter trois ans, scénarios et modèle Excel commenté pour convaincre la banque et planifier investissements.
56 % des PME françaises ont réduit un investissement à cause de la trésorerie, selon une enquête récente de Bpifrance. La capacité d’autofinancement (CAF) mesure la ressource interne disponible pour investir, rembourser ou distribuer. Ce texte donne les formules, des repères chiffrés et des outils prêts à l’emploi pour calculer la CAF et l’utiliser en dossier bancaire.
Le calcul et les formules de la capacité d’autofinancement selon les approches usuelles
La CAF représente la génération de cash provenant de l’activité et des charges non monétaires. La définition courte : CAF = résultat net corrigé des charges et produits non décaissés. Les deux approches usuelles sont la formule additive depuis le résultat net et le calcul à partir de l’EBE pour comparer la performance opérationnelle.
La formule additive à partir du résultat net et ses composants essentiels
La formule la plus robuste part du résultat net et neutralise les flux non monétaires. Formule de référence : CAF = résultat net + dotations aux amortissements + provisions nettes – produits de cession ± éléments exceptionnels. Il faut isoler les cessions et les éléments exceptionnels pour ne pas gonfler artificiellement la CAF.
- 1/ dotations aux amortissements : charges non décaissées qui restituent capacité d’autofinancement.
- 2/ provisions et reprises : ajustements comptables à neutraliser selon leur caractère récurrent.
- 3/ produits de cession : éléments à exclure ou à neutraliser car non récurrents.
| indicateur | seuil pratique | interprétation |
|---|---|---|
| CAF / amortissements | > 1,0 | capacité à financer le renouvellement des immobilisations |
| CAF / EBITDA | 0,6 – 1,2 | conversion opérationnelle en cash attendue selon secteur |
| CAF / dette financière courte | > 0,8 | couverture du besoin de remboursement à court terme |
| CAF / service de la dette annuel | > 1,2 | marge de sécurité pour tenir les échéances |
Le calcul à partir de l’excédent brut d’exploitation et variantes pratiques
L’EBE évite l’impact des politiques fiscales et financières et facilite la comparaison sectorielle. Conversion courante : CAF ≈ EBE – impôts sur les bénéfices – variations de charges calculées + produits calculés – cessions. Pour une PME, une version simplifiée en Excel suffit souvent : EBE – impôts estimés + amortissements – cessions exceptionnelles.
- 1/ formule simplifiée : CAF ≈ EBE + amortissements – impôts estimés.
- 2/ conseil Excel : commenter chaque cellule pour tracer origine des ajustements.
- 3/ usage : préférer l’EBE pour comparer rentabilité opérationnelle hors charges financières.
Vous pouvez vérifier les calculs sur trois ans pour lisser les effets exceptionnels. Le tableau suivant d’exemples pratiques illustre l’usage immédiat des formules. Les références sectorielles viennent de publications Banque de France et Bpifrance pour 2022-2023.
La lecture et l’utilisation opérationnelle de la CAF pour décider et convaincre partenaires
La CAF sert à décider des investissements, des dividendes et de la capacité de remboursement. Un dossier bancaire privilégie la CAF stable et justifiée par des amortissements réels. Les banques demandent souvent des projections à 3 ans et des scénarios bas et haut pour tester la résilience.
La signification d’une CAF positive ou négative et repères chiffrés pratiques
Une CAF positive et stable signifie autofinancement des amortissements et contribution au désendettement. Seuil pratique : la CAF doit couvrir au minimum les amortissements annuels et assurer un ratio CAF / service de la dette supérieur à 1,2 sur 3 ans. Une CAF négative entraîne une pression immédiate sur la trésorerie et nécessite réduction du BFR, report d’investissements ou renégociation de dettes.
Exemples chiffrés : pour une PME commerciale avec résultat net 40 000 € et amortissements 15 000 €, produits de cession -5 000 €, la CAF = 40 000 + 15 000 – (-5 000) = 50 000 €. Pour une entreprise de services avec résultat net 20 000 € et amortissements 10 000 €, la CAF = 30 000 €. Ces montants doivent être comparés aux besoins d’investissement et aux échéances bancaires.
Les outils et modèles à fournir pour calculer et présenter la CAF en dossier bancaire
Un bon dossier contient un modèle Excel commenté, une check-list bancaire et un pas à pas pour le simulateur en ligne. Le modèle doit présenter 3 ans de compte de résultat, tableaux de retraitements et ratios CAF/EBITDA et CAF/service de la dette. La check-list doit lister pièces : bilans, annexes, détail des cessions et notes sur provisions.
- 1/ modèle Excel : cellules commentées et exemples chiffrés pour copier-coller.
- 2/ check-list bancaire : bilans comparés, plan d’amortissement et scénario de trésorerie.
- 3/ FAQ courte : gestion des éléments exceptionnels et traitement fiscal.
Vous pouvez télécharger un modèle prêt à utiliser depuis le site de votre cabinet ou préparer le fichier pour l’envoyer à la banque. Tester plusieurs scénarios reste la meilleure pratique pour convaincre un partenaire financier.






